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SHIMANO EPIC ENDURO 2016

   SHIMANO EPIC ENDURO 2016
« Mais qu’est ce que j’ai fait ? » Il y a des aventures qu’il faut parfois impérativement vivre et celle-là en fait partie. Fin novembre 2015, un clic de souris pour l’inscription, une journée pour remplir la mission. Je m’engage ainsi sur la shimano épic enduro 3° édition qui a lieu à Olargues dans l’Hérault, à 95O km de mon terrain d’entrainement. 


Qu’est ce donc? C’est dans le nom! C’est un enduro, c’est épic, c’est chaud!  Je vous offre 110 km pour un renforcement de votre fessier, 4500 m de D+ pour un durcissement musculaire et 9 spéciales chronométrées pour vous mettre la pression et faire le maximum de conneries sur le bike, de préférence. En gros, pas loin de 13H dans la pampa si tu arrives au bout d’un défis qui ne concerne que 30 à 4O% des arrivants sur 571 partants dans la catégorie ultime.cette année (sans assistance électrique).  Le format: c’est 3 enduro dans la même journée; 3 boucles comprenant chacune 3 spéciales chronométrées. Chaque boucle se terminant au point de départ initial afin de pouvoir centraliser les coureurs, s’alimenter, changer une pièce, abandonner, récompenser! Pour pimenter le tout: tu as le droit à un départ de nuit et 1 à 2 spéciales à courir de nuit en fonction de ta vague de départ au nombre de 2 et 4 barrières horaires pour te faire comprendre que ta place est ailleurs. Si tu es toujours ok pour ce format, tu as le droit d’apprendre le parcours par coeur pour ne pas perdre les pédales et la raison.
Boucle 1: 32 km, 3 spéciales (21 km D+/ 11 km D-)  Boucle 2: 44 km, 3 spéciales dont 1 urbaine (32 km D+/ 13km D-) Boucle 3: 34  km, 3 spéciales (15km D+/ 9km D-/ plat 10 km)
Ca vous plait? Ca vous va? On y va pour un Cr à ma sauce. 

 

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 Nouvelle année, nouveau défis. La SEE correspond à mes ambitions. De l’enduro au format raid marathon. 2 disciplines où il faut être polyvalent pour aller au bout du bout. J’avais testé l’année passée, le ghost all mountain challenge.Un gros gâteau comprenant 3 parts. Si tu es gourmand, tu vas jusqu’à l’indigestion. Je signe pour 5 mois d’entrainement plus poussé malgré l’hiver breton bien arrosé. Je roule de nuit pour valider le matériel. Dans mon sillage, j’attire l’attention de mon équipier de longue de date, gollum, qui va succomber au charme des sirènes. Il signe pour l’édition 2016. Un binôme, c’est un binôme. Bienvenu. On enchaîne les randos, chacun sa recette miracle pour être au top le jour J. Mais le drame survient un jour de mars lors de la garoutade dans les Pyrénées. Une blessure et c’est l’abandon du projet pour lui. Cela ne change rien dans ma préparation. Je lance une offre de place pour combler le vide.  Je fais la connaissance de Hugo, sportif de haut niveau, non très haut niveau. Coureur de trail ultra qui considère que courir un marathon, c’est juste un échauffement! Il a à son actif, la diagonale des fous dans l’île de la Réunion. Ca rappelle des souvenirs à certain? Le vtt marathon est son autre discipline, l’enduro: une découverte. Bon, une  pointure XXL pour ce genre d’épreuve. On se retrouve au sud de Nantes (44) pour vivre l’aventure dans le 34.  Arrivé vendredi sur place, on prend possession des lieux. Le temps est couvert, beaucoup de vent, la nuit sera agitée. Le jour se lève, l’excitation monte; on prépare les cartables pour la journée. C’est couvert mais on part rouler pour découvrir le massif du haut Caroux. OLargues, J-1. Direction la spé 2 qu’on trouvera avec l’aide d’un australien qui roulera avec nous. On est pas seul sur les pentes. Après 50’ de grimpette, on inverse la pente. On va rouler l’intégral de la 2 du nom des « écoliers ». Ca tombe bien , j’ai le cartable! Une mise en appétit. j’avais plus faim en arrivant en bas! De la pente, des cailloux mal rangés, des virages à 180°, des marches, des arbres trop proches, des racines pas dans le bon sens, terrain fuyant. Tout le programme de dimanche en une spéciale. Bravo! on est arrivé entier en bas.  Va falloir ne pas confondre, vitesse et précipitation pour boucler la totalité du parcours. Les pièges sont partout et la lecture du terrain pas toujours aisée. Phase 2: s’envoyer une pizza avant les formalités administratives. 14H30: la plaque au guidon ouvre les festivités du dimanche. Organisation au top, tout le monde a le sourire pour t’aider à faire le plus facile: certif med, chèque pour la puce chrono. Pour le reste, tu te démerdes tout seul. Qui qui veut nettoyer mon vélo?  Retour à Prémian par la voix verte où on a notre cabane. 40 km au compteur pour la journée et pas loin de 600 m de D+. Contrôle des bikes, préparation du cartable pour le lendemain, bla bla avec notre voisin qui fait la même chose que nous et qui tente pour la 2° fois de finir le parcours. Maintenant, on a mis du relief aux vidéos visionnées avant de venir. Et de la pente, y en a! En montée, on va en chier, en descente on va souffrir. Objectif, prendre du plaisir le plus longtemps possible.  Au lit! levé 3h du matin! J’en vois qui grince. 

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Dimanche 10 avril, 3h.   Je regarde le tas de fringue qui m’attend au pied du lit. Oups! c’est jour de combat. Hugo, « connecte », c’est toi qui part devant! En vague 1, départ à 4H45 pour moi c’est 5H15. On avale un déjeuner, pas à gaver une oie! On se force à manger mais l’esprit est déjà parti sur le terrain.  Olargues, 180m d’altitude, boite de nuit à ciel ouvert: le rythme de la musique envoie les coureurs sur la ligne de départ. Je partage les derniers instant avec Hugo que je ne reverrai pas avant 18H30. A mon tour de rentrer dans le parc. Je suis en 2° ligne derrière les vtt AE. Brief, puis fumigène, décollage du drone pour les images et top départ pour une journée de malade. Il fait nuit noire. Il fait 6°. La première montée va nous chauffer la carcasse de quoi prendre le départ de la SP1 à point à 720m d’altitude. A peine de quoi reprendre son souffle au sommet, le bip de départ est donné par le commissaire. Gazzzzz ou full gazzzzz? Ola!  De nuit avec ta frontale, tu vois une autre galaxie et plein d’étoiles filantes qui sillonnent la pente. Ca sent la plaquette, on est sur les freins pour éviter l’OTB ou la sortie de piste. On roule à l’instinct, les trajectoires sont hasardeuses mais on est sur le bike doublant des malchanceux sur la bande d’arrêt d’urgence ou se faisant passer avec ou sans clignotant! le terrain dicte sa loi. Toi tu subis plus que tu ne pilotes. La piste est propre, pas trop de  piège, du grip mais tu es vite surpris par les
changements de trajectoires. On enroule cette spéciale rapidement et la nuit est toujours présente. Je suis vivant!  Full gaz pour la 2 et la reco de la veille va nous aider. Le temps de remonter, la nuit disparait laissant place à la réalité et aux pièges. Je suis confiant mais prudent. Si tu tombes ici, tu risques gros: les pavés de la chaussée sont pas rangés, plutôt jeté en travers pour te foutre en l’air. Ca devait être l’heure de la pause et zon tout abandonné en vrac. Démerde toi pour passer. A ce jeu, j’ai découvert que marcher était un gage de sureté et je ne suis pas le seul! Maintenant il fait bien jour et on est au fond de la vallée. Je suis encore vivant et bien réveillé. Satisfait du travail bien fait: 2 descentes et 2 chutes sans gravité. Les pédales ont moins aimé les têtes de roches!  Les arrivées se succèdent et les visages en disent long sur ce que les riders viennent de subir. Ca va, je ne suis pas le seul à me dire que ce terrain n’est pas celui qu’on pratique  à l’entrainement. Et oui, Hugo, c’est un putain de terrain qui descend un peu vite par endroit. C’est pour ça qu’on a inventé les freins et 2 par endroit c’était pas assez!!!! Engagé le terrain et pas qu’un peu!! Qu’est ce qu’on fait en bas de la pente? On lève la tête, la tige de selle et on remonte à 620m pour la SP3. Il est temps de s’alimenter un peu. Le peloton s’étale sur la pente. Les difficultés s’enchaînent. Crampe pour certain, problème mécanique pour d’autre. Le terrain est votre ennemi. Rien ne vous sera épargné. Je cherche le remonte pente, le télécabine. A quelle heure le prochain départ pour le sommet?  Partie boisée sur ce versant: la SP3 va être un régal de pilotage: un slalom entre les arbres et des appuis bien marqués pour envoyer du lourd. Un bon coup de cul à miparcours pour te rappeler que la récréation est fini et la glisse final jusqu’à la porte horaire 1  au paddock de départ.  Objectif rempli.Boucle 1 terminée avec 1H30 d’avance. Le bronze est atteint. Je range la lampe et monte la caméra. Plein d’eau. Petit déjeuner à base de produits salés, 15’ de pause, je repars au combat.

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Boucle 2: la SP4 est l’Everest du jour: 14 km d’ascension pour 9km de descente. 900 de D+ et D- dans la balance avec un tourniquet à la sortie, la PH 2. C’est ici que tout se joue si tu veux aller au bout du voyage. Tu croyais avoir tout vu pendant 4H. Maintenant tu vas  essayer de survivre: vaincre ou mourir, c’est écrit sur mon cadre. Warrior un jour, warrior toujours. Le soleil réchauffe l’atmosphère, on mouille le maillot, on pousse le vélo, l’agonie n’est pas loin, le sommet non plus: 1070m d’altitude. (saint Martin du froid- le Bardou) putain  j’ai chaud! Une piste à chamois-porteur pour finir la pente et puis une piste forestière sur la courbe de niveau 1050m pour rallier le départ de la spéciale. INTERMINABLE!  Récompense: la vue sur la mer et une domination du monde à tes pieds! Rien que ça! 10’ de pause. Mal au cul. Une vraie planche à pain cette selle. Place à l’autre côté de la balance. 9 km de descente! Qui qu’en veut? Personne? Ben vous avez raison. Tu croyais savoir faire du vélo et bien tu vas déchanter très vite. Une voie romaine va te malmener tellement durement que tu seras obliger de t’arrêter pour éviter la tétanie de tes muscles et doigts de la main. Qui n’a pas souffert lève la main? J’aurai tout vu sur cette piste: la souffrance de certain, la casse en tout genre, les blessures physiques, les énervés de la DH. J’aurai mon lot, gratuit, offert par l’organisation: une
sortie de piste pour laisser passer un buzz l’éclair, qui se finit le nez dans la planète. Ca calme les ardeurs. Je veux bien rendre service mais pas payer pour les autres. 
C’est comment cette voie romaine? ben romaine! Zon pas inventé le goudron! Juste poussé les cailloux plats pour combler les trous entre les dalles rocheuses. Bref, j’ai suivi la formation de pilotage de marteau-piqueur et j’ai le diplôme!! Vous rigolez? J’ai pensé à Fredo et ses 60 mm de débattement. Je peux affirmer que des suspensions bien réglées est l’assurance de finir en bas, entier, explosé, entier et pas dernier! J’ose à peine dire mon temps pour dévaler 9km! plus de 40’! Une honte de gâcher une telle pente et d’user ses plaquettes comme ça. Ce qui me rassure c’est que je ne suis pas seul dans la galère: Hugo mettra 38’. Je suis dans la moyenne mais du mauvais côté. Un truc de fou cette séance de massage. Allez on finit cette spéciale en pédalant un peu, histoire de voir que tu as encore du jus pour passer sous le portique arrivée. PH2 à Mons la Trivaille. Ca c’est fait: 45’ d’avance pour 55 km depuis le départ, 7H15 de balade. Non! pas pour ce que croyez, ha ha! Le plaisir de rouler est encore là et vaut mieux avoir le plein de moral car la suite est……………………………………….énorme. SP5, « Colombieres ». Si ta lucidité  n’est pas à 100%, tu risques d’y laisser des dents! Si tu croyais savoir faire du vélo, tu vas découvrir que tu as raté quelques cours!  Je l’ai rebaptisé: «  la faucheuse de dérailleurs ». Des cailloux, des marches, des racines, le tout mis en vrac dans la pente entre 2 rubalises. Mais pourquoi les cailloux sont verticaux? On peut pas rouler! Il fallait tracer une parallèle au single pour espérer rester sur le bike mais rien n’est acquis et je vais opter pour le mode survie: la marche. Les endroits super hot étaient tenus par des pilotes moto. Merci pour le coup de main les gars. Malmené je le suis. La fatigue commence a diminuer le stock lucidité. J’ai subi plus que piloté. Aucun plaisir sur cette spéciale. La souffrance est un prix à payer pour continuer.  Allez, on repart au combat pour rentrer au paddock par la voie verte et rouler la spéciale urbaine qui clôturera la boucle 2. A ce moment là, j’ai encore la possibilité de passé PH3 dans les temps. J’envoie le missile en mode balistique pour la liaison qui va permettre d’évacuer l’acidité des muscles. J’arrive à Olargues pour la SP6 qui part du haut du village. Urbaine donc public pour t’encourager. C’est motive à bloc ce truc.  C’est rapide , c’est fun, c’est serré entre les mûrs, c’est en épingle. 1’32 pour boucler l’affaire. Je passe au stand pour vider ma puce de chrono avec 12’ d’avance sur PH3. 78 km de raid en 9H34’. A cet instant, je prends la décision de stopper ici. Difficile de dire à chaud si c’était la bonne résolution. Ce que je peux dire, c’est que je suis venu pour  me faire plaisir sur un raid enduro extrême. J’y ai pris du plaisir mais
repartir pour la boucle 3 et 32 km soit au moins 4H de vtt en plus, s’apparentait plus à un cauchemar qu’ à manger la crème sur le gâteau. 
Le champion du jour que je nomme Hugo, arrivera vers 18H30 et en termine avec le shimano épic d’or en 13H45 de joie et de souffrance. Respect à celui qui a découvert l’enduro en 29’ et qui possède un mental solide. La suite m’a conforté dans mon choix d’avoir plié l’affaire au shimano d’argent. La boucle 3 fut à l’image des 2 premières, physique, engagée, grimpettes-poussettes-portages. Il me reste encore un peu de travail pour monter sur la plus haute marche du podium. C’est ça aussi qui nous motive pour revenir et terminer l’Aventure. 
 Le dîner sera le moment de comparer nos expériences dans une ambiance de guerriers content de leur résultat. C’est certainement, un des plus beau moment de vtt dans ma vie, un moment fort en sensations, un moment où tu te mesures à une nature sauvage, extrême, un terrain de jeu sans limite qui propose tout, à toi  d’en définir les limites. 
Merci à Wildtrack et vélo Caroux haut Languedoc d’avoir osé un tel défis. Merci aux bénévoles sans qui rien ne serait! 

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     Bon et on fait quoi maintenant? Mon équipier prépare la transpyr: raid vtt espagnol sur 7 jours. 820 km et 20000 m de D+. Si si vous avez bien lu!!!!!
Je vais rouler en mode cool avec mes potes breizh-troopers,  en prenant les remontés des pass-portes en juin à Morzine. J’aurai moins  mal au cul!
  les bikes: - BMC 29’ en 130mm                 - CANNONDALE jekyll team 27.5’ 160mm
Hugo : shimano d’or         263° au scratch Bruno : shimano d’argent 413° au scratch (20° master 2)
Au total: 569 ont l’épic  de bronze                470 ont l’épic  d’argent                293 ont l’épic d’or
                                                              En direct d’Olargues : Bruno ( rider-reporter)
                            « Hugo en action »



18/04/2016
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