breizh troopers

ILLE SUR TET- CORBERE 66


                      UN WEEK END DE BATARD                   

  ILLE SUR TET- CORBERE 66

 

  vidéo du 1er jour: sur les pistes enduro

 

la vidéo du dimanche: la garoutade

 


Garoutade 2016, cette année il n’y avait que le nom pour ce raid. Le manque probable de bénévoles n’a permis qu’un parcours de 52 km théorique et 1700m de D+. La réalité sera bien différente car, d’une part, on part de Corbère où on a notre cabane pour le we, et d’autre part, la particularité de ce raid, c’est qu’il n’y a aucun balisage. Juste une trace GPS à télécharger dans un GPS bien chargé, bien sûr! Voici raconté à ma façon, ce week end de bâtard où la bande de breizh-troopers a encore sévi loin de son terrain de jeu habituel.     

 

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4 mars 7h du matin: le 806 embarque les pilotes, les montures et les munitions pour un week end dans les Pyrénées. 3° édition pour Gollum et votre écrivain, 2° pour Chris et 1° pour Fredo. Cette année, 4 riders vont s’unir pour passer du bon temps sur le terrain et faire voler les cailloux des pistes enduro d’Ille sur Têt le samedi puis se lancer sur le raid du dimanche, à la découverte de nouvelles traces sur le versant nord du mont Canigou puis sur le versant sud face au mont ronron! Arrêt à Nantes pour embarquer Fredo qui nous vient du pays de la rillette. En retard dû à des travaux sur la route, on le retrouve sur son bike en train de s’échauffer sur le parking de covoiturage. Autant vous dire, que ne connaissant pas le personnage, je m’attends à du lourd sur le terrain. Corbère, village de basse montagne, entouré de pêchers, ça on le sait, parce que les fleurs sont rose et que les abricots, c’est blanc, donc Corbère, c’est là qu’on installe le camp de base pour 3 jours.

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Accueil sympa, logement nickel, on arrive pour l’heure de l’apéro. Vous savez, un apéro pour bzh troopers, pas un de tapette- tarlouze en vadrouille. Putain, un vrai avec le la roteuse mélangé au chouchen fermier de derrière les fagots assaisonné d’un bordeaux mais là je sèche, je ne voyais déjà plus grand chose à ce moment là. Bref on avait soif, après l’apéro, on avait faim. Gollum au fourneau et grand chef nous sort les carbo classic grand cru grillé. Un régal qui fait plouf dans le bide tellement on est gavé. Allez une dernière pour la route et au lit. Le premier qui ronfle à gagner! Samedi:  enduro à gogo pour tous. Course alimentaire pour survivre 2 jours et c’est parti pour  rouler  le massif  dédié à cette discipline. Des pistes permanentes permettent de rouler sans chercher son chemin donc le GPS ne sert qu’à mesurer nos performances, de là à se prendre pour Julien, Jérome, Damien, Nico, au votre idole, on sait jamais. Première ascension, on apprécie le beau temps, la vue, la neige sur les sommets et le terrain pour nous tout seul.

 

C’est vrai qu’à 11H30 les seuls félés, c’est nous. Fredo, qui a dormi sur son vélo dans le salon et qui aurait bien fait une virée la veille, roule devant. Il nous montre ce dont il est capable, ça va pas durer longtemps, moi je vous le dis. Très fort sur son 29’ en 32 dents le sarthois. Mais voilà, la pente va s’inverser et là c’est nous qu’on cause. On l’enfume le sarthois. Une verte en guise d’échauffement et pour mettre en appétit, histoire de se rappeler que les derniers 400 m c’est marteau piqueur dans les cailloux. Ils sont bien là et pas rangés les méchants. Ravito  en bas au bord de la rivière du Têt. Ca sent le printemps. On remet ça, comme des furieux, on survole la montée en 35’, tous le monde en file dans le bon sens. A gauche en haut, pour la bleue. C’est un cran au dessus, niveau franchissement et relance. Ne pas oublier de respirer dans les coups de cul sous peine d’agoniser dans les buissons un bon moment. Bleu, Fredo l’est mais progresse vite, le 29’ pardonne beaucoup mais le débattement de 100mm réglé par son pilote à 60mm, ne facilite pas les choses. On déroule, on connait, on envoie
grave. C’est carrément dément l’assurance qu’on prend et qui nous permet de passer des trucs qu’on aurait regardé pendant des années (style viaduc!). Là, on est en mode jouissance, on oublie les freins et le Fredo par la même occasion. Il jardine tranquillement mais savoure cette nouvelle discipline. L’heure avance et on croise du monde, enfin dans le même sens que nous. On remet ça. Quelle couleur? Allez! Même ordre, caméra au point, c’est parti pour user la gomme sur cette terre de bâtard sans cervelle. Si tu freines t’es un lâche, si tu freines pas t’es un con. Choisi mais arrive entier!  Stop en bas!  On rentre pour la bière. La poussière, ça donne soif. Ben oui! pas de boue là bas, qu’est ce que vous croyez? Y en a que chez nous et on l’exporte pas!

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Samedi soir, c’est dîner pizza. Le classique quoi! le boui boui du coin est à la hauteur de nos goûts culinaires et la bière locale est buvable. Demain c’est le RAID. Un, d’homme, complet avec saveur d’adrénaline épicée. Là, on va avoir une drôle de surprise. Le départ est libre puisque c’est un parcours non balisé, uniquement avec GPS pour ceux qui n’ont pas suivi. Départ de la gare, on est les derniers, il en faut. C’est vrai que là, on a joué les gonzesses devant le miroir, mis du beurre dans le sandwich rillette du mans (merci le producteur importateur) et assurer le remontant du terroir plus au nord (un bordeaux, mais que Fredo me pardonne, l’appellation m’échappe) dans la gourde alltricks.

 

C’est parti pour une belle journée de ride, fraîche vu le vent qui ratisse le relief. Bon, qui dit GPS, dit trace, dit mise en route et lecture du bazar. En roulant c’est du grand art. 4 GPS en route et là commence le wall of death! Qui dit vrai, qui va aller au bout du raid avant la nuit? Ca monte grave, normal on est en bas du massif. Mais un peu surpris à froid. Tout le monde est dans le rang et dans l’ordre. Normal ça monte. On prend de la hauteur, c’est beau, normal c’est les Pyrénées. On immortalise pour refaire le match devant la cheminée. Tient, on n'est pas seul sur la piste.Un berger et son chien que je n’aurai pas caressé, sur son vtt d’un autre âge; grole de montagne, béret sur la tête. Du délire, on passe au stade « je te la mets minable en 10’’ »! On cause, on tient sa roue et puis tchao l’ami. On passe au stade «  tu vois tout rouge et pas nous » et on envoie les watts pour filer. Y en a mare de monter. La descente a ici une autre dimension que par chez nous. Oui, vous savez ce que ça veut dire. Mais vous ne savez pas ce que c’est. Seul, le rider qui se retourne après une descente peut apprécier la valeur de ce qu’il a descendu. Et là, vous avez compris que le mot descente n’est pas qu’une pente qui va du haut vers le bas mais un point de départ qui va vers un point d’arriver qu’on n’est pas toujours sûr de voir si le pilotage est hasardeux ou fébrile. Si si, j’en vois qui sourit. Bon, c’est le pied, pas de relance, c’est tout shuss jusqu’en bas. A ce jeu, on est champion pour enfumer les suiveurs. Gaz! Un ride de folie dans la forêt entre les chênes liège, les appuis son franc, le grip de folie permet d’attaquer sur la tranche. On colle les moucherons sur les dents! ah ah, que c’est bon, oups, on a oublié de tourner vers Michel ou Jacky, ché plus dans quel sens on les a mis. C’est un langage à nous. Fallait y être pour comprendre.

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Gps de merde. Ca commence a partir en boudin de ce côté là. 2 sur 4 montre des signes de faiblesse batterie. Z’on chargé sur une prise hs. Reste Chris sauveur du team et moi qui donne les traces de 2014 - 2015 et 2016. Comme ça  on aura quelque chose à rouler au cas ou! On avance sur la trace, si si, on peut le faire. Sans déconner, on est bon par moment. On inverse la pente. C’est reparti pour le sommet: 630m d’altitude. Ca rigole déjà devant les écrans, un sommet! Ben oui et en plus les flocons tombent. On fait moins les fiers. Le vent souffle toujours. Pendant la montée, on trouve un comité d’accueil qu’on aurait aimé éviter. 2 riders balisent l’arrivée des secours pour un chuteur. Ca calme grave. On passera en mode cool en passant à sa hauteur car on sait que ce n’est jamais sans conséquence quand on chute lourdement. Ravito flotte au 27° km par 2 bénévoles. L’hélico est de service pour évacuer le blessé. Costaud la situation. On décide de manger ici, au pied d’une rivière à Boulternère. Toujours ce vent qui glace l’intérieur maintenant. « Un petit coup de rouge? » Je crois que c’était du haut médoc. C’est ça Fredo? Saucisson-médoc, rillette-médoc,  banane-flotte. Comment on est? On a roulé la moitié et on n’a pas encore changé de versant. Les GPS sont à 50% de fonctionnement. 1 sur 2. Bâtard de bâtard! En selle! Qui dit rivière dit bas de vallée. Non de zeus! Putai….. de pente de bâtard. Au moins 32%. Pas de jambe pour moi. Cul de jatte pendant la digestion. Je ne suis pas  le seul. Finira t-on avant la nuit? On monte, on monte toujours, on pousse, sauf Fredo qui survole le terrain. Moi je dis bravo et respect. Paf, on est au sommet. 630m. Pas de photos. Trop de vent. On est surtout impatient de baisser les tiges de selle
et d’envoyer comme des malades sans cerveau. De la pente en terre de cailloux racineux. Une alternance de ce qui se fait de mieux là-bas. Le pied, pointure XXXXXXXXXXL. On a tout passé sur le bike, presque.  C’est que la troisième couille était pas de trop dans ce coin de bâtard. Du connu pour Gollum et moi qui avons roulé cette piste en 2014.

 

Quand on voit les fleurs su les arbres c’est qu’il est temps de changer de versant. On passe dans de nombreux vergers de pêches et d’abricots parce que les fleurs sont roses et blanches. Là le cerveau n’est pas complètement gelé! C’est à Rodes que nous traversons le Têt après avoir suivi un moment la rive droite et son canal,  pour gravir au soleil et presque à l’abri du vent, le versant sud. Du connu également, vu qu’on a roulé ça en descendant en 2015. On pousse, on porte sauf une chèvre qui essaye tout. De là à dire que les rillettes du Mans sont un bien pour le vélo, ça mérite une étude approfondie! On a le spécimen. La végétation ne dépasse pas ici 1,20m de haut donc au soleil tout le temps. A voilà de quoi redonner un bon coup de fouet au moral situé au niveau des pédales. On roule sur le secteur de la veille, du connu, du tordu, du qui pu si t’es cramé.

 

Gollum veut plus y aller. Merde, c’est un gros coup de mou qui sera sanctionné durement pour lui. Une côte pour une cote. 1 partout la balle au centre. Je perds mon équipier d’entrainement pour le coup. Font chier ces cailloux mal rangés. Mais que fait la voirie? On tournicote sur le versant pour rattraper la verte de la veille. C’est un beau finish pleine balle dans la pente et bien heureux celui qui aura tout descendu sur le bike. Le flocon sera attribué à Fredo pour ses tentatives osées sur certaines portions, flirtant avec l’OTB ( soleil, pour ceux qui sont réfractaire), la palme de la gamelle qui fait mal à Gollum (bon rétablissement à lui et revient vite tu nous manques), la descente d’or à Chris qui nous a fait une DH caillasse sans réfléchir et le podium pour moi pour …………  (remplir la case à votre convenance).

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Et le GPS dans tout ça: et bé si tu veux pas dessécher dans la garrigue comme une grosse merde, tu pars pas tout seul dans ce coin de bâtard. Parole d’un ami du 66.

 

C’était un putain de we de passionnés  et plus les années passent et plus on est nombreux. Plus c’est long plus c’est bon et à ce jeu on signe pour 2017 même si les locaux font rien, nous on a la trace, non les traces sur 3 années. Au choix, au pif, à l’arrache, on se la fait enduro party sauce britt- rillettes sans prise de Têt.(facile celle-la) Les indécis ont les vidéos et cr pour se mettre au parfum. Au boulot! Vous allez apprendre à faire du vélo, moi j’vous le dis.      Ille sur Têt, 6 mars 2016. Team breizh troopers/ section enduro: avec Fredo 72, Chris, Gollum et votre glabousseur: Bruno

 

les bikes vous les connaissez: 160-27.5-750 l’adresse du boui boui pour survivre est dans l’annuaire. C’est le seul ouvert à l’année.

l’adresse de la cabane: c’est top secret.

la trace GPS: aucune garantie de survie donc pas diffusée. Sur 2 jours: 110 km et 3000m D+, c’est un minimum si tu penses venir.

Boire de la bière est un plus, cuisiner est le top, plus c’est le pied.    

 

  - « La plus belle des choses qu’on nous a donné c’est la Nature, alors fais en ton terrain de jeu et tire ce jus qu’on appelle adrénaline et goûte ainsi à la jouissance suprême. Tu auras ainsi consommé le carburant de la vie. »                                                        ——————————————



25/03/2016
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